Le week-end de Pâques transforme la chocolaterie Bonnat en un fourmillement chaleureux. Vous entrez presque par le nez : une odeur de chocolat dense et douce flotte dans les ateliers. Ce parfum annonce à la fois tradition et urgence. Les préparatifs battent leur plein.
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Dans les ateliers de Bonnat, tout tourne autour des moulages
Les locaux de production sont installés à Saint-Étienne-de-Crossey depuis 2022. La maison a quitté Voiron pour disposer de plus d’espace. On y trouve quatre grandes salles blanches où ronronnent tapis mécaniques et machines.
Les équipes coulent des plaques et remplissent des moules en forme d’œufs, de poules ou de petits poissons. Cette année, on produit des centaines de kilos de friture : près de 500 kg en chocolat noir à 65 % et environ 300 kg en chocolat au lait. Les derniers jours avant Pâques voient une demande très tardive. Les achats se concentrent en fin de semaine. Les équipes s’adaptent au rush.
Des moules centenaires qui racontent l’histoire
Ce qui frappe le plus, ce sont les étagères chargées de moules. Beaucoup de formes n’ont guère changé depuis des générations. Le dirigeant explique que 90 % des ventes proviennent de moulages traditionnels. Les clients cherchent le geste connu de toujours.
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À l’étage, une vitrine conserve des moules en métal très anciens. Certains sabots datent d’environ 178 ans. D’autres modèles remontent aux années 1880. Aujourd’hui, les moules métalliques ont en grande partie laissé place à des silicone plus pratiques. Mais une dernière série de moules en métal sert encore la production pour les pièces les plus fines.
Pour surprendre, la maison propose aussi un thème annuel. En 2026, la collection joue la carte des poussins pirates. Tradition et inventivité se côtoient.
Les visages derrière la production : savoir-faire et répétition
La chocolaterie emploie une quarantaine de salariés mobilisés pour l’événement. Chacun a un rôle précis. Damien Laberge supervise le remplissage des plaques. Célia Favre-Martinoz s’occupe des bonbons fourrés. Jean-Luc Armanet gère la production générale. Hugo Clément veille aux concheuses et à la torréfaction.
La fabrication impose des gestes répétés, mais elle garde une dimension artisanale. Les concheuses lissent la pâte et modèrent l’acidité du cacao. On privilégie le chocolat de couverture pour les moulages plutôt que le chocolat « grand cru » réservé aux tablettes.
Il y a aussi de la poésie. Le patron, cinquième génération, conserve l’âme d’enfant qui accompagne la fête. Chaque année il organise une grande chasse aux œufs sur le territoire voironnais. Dix cachettes réparties sur 30 km offrent une rencontre ludique avec la maison. À chaque découverte, un moulage est offert.
Pâques, entre pic de ventes et hausse des coûts
Pour Bonnat, Pâques est la deuxième période commerciale la plus importante après Noël. Elle représente environ 15 % du chiffre d’affaires. Les ventes se font beaucoup en boutique et en direct.
Mais la conjoncture pèse lourd. En dix-huit mois, le prix du cacao a été multiplié par six. Les chocolatiers doivent absorber une partie de cette hausse. Il est difficile de tout répercuter sur le client. Malgré cela, la consommation globale en France reste forte. Les Français dépensent chaque année plusieurs centaines de millions d’euros en chocolat pour Pâques.
Une recette simple : petite friture maison (pour 4 personnes)
Si vous souhaitez reproduire à la maison l’esprit de la friture, voici une recette facile à réaliser avec des moules en silicone.
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- Ingrédients : 300 g de chocolat noir à 65 %, 100 g de chocolat au lait (optionnel pour varier), un moule silicone petits poissons ou coquillages.
- Matériel : un bol résistant à la chaleur, une casserole pour bain-marie, une spatule, un thermomètre (facultatif).
- Hachez le chocolat noir. Faites fondre au bain-marie jusqu’à 45 °C. Retirez du feu et laissez redescendre à 27–28 °C si vous souhaitez tempérer.
- Remettez un court instant au bain-marie pour atteindre 31–32 °C. Versez dans les moules en couche fine pour obtenir une coque. Retournez l’excédent et laissez figer un peu.
- Si vous ajoutez du chocolat au lait, répétez la chauffe séparément et coulez quelques pièces pour varier les couleurs.
- Démoulez après 20–30 minutes. Conservez à l’abri de l’humidité et de la chaleur.
Cette version simple permet de sentir la différence entre couverture et chocolat ordinaire. C’est rapide et gratifiant.
Pour conclure
La maison Bonnat illustre bien le lien entre tradition et exigence du métier. Les moules anciens, l’odeur du cacao, le rythme effréné des derniers jours : tout cela fait partie du cérémonial de Pâques. Vous comprenez mieux maintenant pourquoi certains moulages ne changent jamais. Ils portent une histoire que beaucoup veulent retrouver chaque année.


